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L'aspirateur

Helen vient souvent ici. Elle aime l’étincelant des machines à laver, les flancs lissés des réfrigérateurs, la netteté du métal émaillé. Aujourd’hui, elle se dirige plus loin. Au passage, elle affleure, démultipliée, les écrans des télévisions, se superpose un instant à l’héroïne glacée d’un film d’Hitchcock. Machinalement, elle réajuste son chignon.

Elle passe et repasse devant lui ; Il est dans sa rangée entouré des autres. Elle ne voit que lui. Cela fait 10 jours qu’il s’expose. Il est rutilant, il lui fait terriblement envie mais elle n’en a pas besoin, n’est-ce pas ! Pourquoi achèterait-t-elle un aspirateur neuf dernier cri, l’ancien a deux ans ! Elle examine la fiche. Helen adore lire les modes d’emploi, les caractéristiques, toutes les étiquettes. Elle passe des heures en courses. Elle s’en moque, elle est seule tout le jour, Gérard, son mari ne rentre que le soir assez tard.

Plus elle le regarde et plus elle le veut. C’est le tout dernier modèle Tornado: il possède onze fonctions, vitesse variable, puissance, silencieux filtre HEPA, une demi-douzaine d’accessoires, la dernière fonction auto-clean vacuum. Il le lui faut. Bien sût, il est cher, bien plus cher que les autres mais c’est le haut de gamme et Helen a les moyens. Tentée, décidée, elle l’achète cash.

Helen transpire, des mèches blondes rebelles dansent sur son front, elle a remisé le vieil aspirateur à la cave et tâche de faire une place au nouveau dans le placard du fond du couloir. Il est volumineux et elle se résout à supprimer une étagère pour qu’il puisse rentrer facilement. Du coup, le voilà à l’aise. Il trône. De le voir si imposant, ça donne envie à Helen de tout ranger, à commencer par le placard. Elle se dit qu’il lui faut un endroit digne de ce nouveau roi. Elle s’affaire et ne voit pas la journée passer. Quand Gérard rentrera, elle lui dira joyeusement son nouvel achat.

Helen dort, seule dans le grand lit. Finalement, Gérard a téléphoné, il rentrerait tard, trop de travail.

Ce matin, Helen a hâte que Gérard s’en aille au bureau. Maintenant elle n’a plus envie de lui dire pour le nouvel aspirateur. De toute manière, il s’en fiche. Pendant le petit déjeuner, elle examine, elle scrute la maison tout en aspirant à petites gorgées son thé brûlant. Elle a l’œil pour la poussière, c’est son ennemie jurée depuis longtemps. Elle revoit sa mère martelant que la maison est l’orgueil de la femme et la vitrine du mari. Helen a toujours aimé la propreté. Que tout soit net ! On peut venir à l’improviste chez elle, c’est nickel. Mais Helen n’invite pas, cela salit.

Enfin, Gérard est parti. Helen ne s’est pas douchée encore, elle enfile juste une légère blouse en coton et un slip. De toute façon, elle se douchera après quand la maison sera propre. Elle ouvre la porte du placard, le contemple, heureuse de son jouet. Elle le sort. Il est lourd, c’est un monstre, le vrai truc de pro. Ce dont elle rêvait. Maintenant Helen s’agite, elle a attaqué le salon pour commencer, elle déplace les meubles, aspire l’envers des commodes.

L’aspirateur fait un grondement sourd et profond à l’unisson des battements de cœur d’Helen. Elle transpire et des auréoles marquent la blouse sous ses seins. Ce matin comme elle n’était pas douchée, elle n’a pas voulu enfiler sa lingerie. Helen est prise de frénésie, tout y passe. Elle tient fermement le manche de l’aspirateur et le sent parfaitement adapté à sa main, fait pour elle. Chaque fois qu'elle pose son pied nu sur le bouton d’arrêt, elle sent les vrombissements dans sa voûte plantaire. Elle trouve cela délicieux.

Elle se met à allonger la durée de pause avant d’appuyer des orteils sur le bouton. Il est 14 heures quand elle s’arrête. Vraiment, elle n’a pas vu le temps passer. Elle s’affale dans le fauteuil, elle est en nage. Elle s’évente avec le pan de sa blouse en écartant les jambes. L’aspirateur est là juste devant elle. Elle va le ranger pour aujourd’hui et aller se doucher. Finalement, elle ne peut pas le laisser ainsi, sale, rempli de poussière. Alors elle se laisse glisser du fauteuil et s’assoit par terre à côté du monstre. Elle sourit, fière de lui, fière d’elle.

Elle est assise, genoux levés et écartés et l’odeur forte de son sexe pas encore lavé l’assaille. Elle fronce le nez, voilà longtemps qu’elle n’a plus l’habitude de sa propre odeur. Habituellement, elle s’asperge de déodorant dès le matin. Curieusement, l’odeur lui plait. Elle baisse la tête entre ses cuisses chaudes de l’effort et hume profondément l’odeur forte, un peu acre, musquée qui provient de son intimité. Dans cette position, elle voit une large tache de transpiration sur son slip qui lui colle au sexe. Sans réfléchir, elle tire sur l’élastique de sa culotte et celle-ci s’imprime encore plus, moulant sa fente. Elle se sent bien. Elle pose son regard sur son complice et soudainement, elle s’agenouille et commence à le nettoyer, le frotter avec le coin de sa blouse. Du bout des doigts, elle le met en marche et pousse le variateur sur la plus faible vitesse. La bête ronronne et vibre doucement pendant qu’elle le frotte. La voilà quasi à 4 pattes par-dessus l’aspirateur pour le lustrer. Dans le mouvement, ses seins pendants caressent la coque de plastique et d’acier. Helen sent brusquement une onde de chaleur la traverser et son sexe devenir d’un coup ruisselant. Surprise, elle stoppe ses mouvements et reste un moment ainsi sans bouger à quatre pattes au-dessus de l’aspirateur ronronnant. Elle ferme les yeux puis à regrets les rouvre, se lève, éteint le moteur, range l’objet et va se doucher.

Gérard est rentré plus tôt ce soir. Comme d’habitude, tout est prêt, le repas prêt, le salon impeccable. Il ne remarque rien. Entre eux, s’est installée une routine étrange : Gérard travaille de plus en plus et Helen astique de plus en plus. Qui a commencé ? Qui est le responsable ? Toujours est-il qu'Helen se désintéresse complètement du travail de Gérard et qu’il ne supporte pas de la voir tout le temps nettoyer cette maison. Mais ils ne disent rien et font comme si. Dans le lit, une fois la lumière éteinte et Gérard endormi, Helen repense à sa journée. Elle a hâte à demain. Un peu maladroitement, elle touche ses seins et se mord les lèvres quand elle sent qu’ils durcissent. Elle s’endort d’un sommeil agité.

Enfin seule. Gérard est parti travailler. Elle n’ira pas se laver et l’odeur de sa nuit l’enveloppe. Elle va pour enfiler une blouse propre mais mue d’un étrange besoin, elle ouvre le panier du linge sale et récupère sa blouse et sa culotte de la veille. Elle les enfile prestement et se sent tout de suite bien. Elle est prête, elle ouvre, il est là, il attend. Il lui plait, magnifique. Aujourd’hui elle a un plan. A eux deux, ils vont s’attaquer à fond à la chambre d’ami où jamais personne ne dort. C’est un combat. Lui vrombit fort, elle s’arc-boute, se penche, se baisse souvent les jambes tendues et écartées. C’est une sorte de danse et jamais elle n’a senti si bien son corps. Ce corps qui devient de plus en plus présent et odorant. Helen lutte, elle aime ça. Vers 14 heures encore, elle s’arrête presque épuisée. Elle n’hésite pas, elle se laisse choir à cheval sur l’aspirateur. Elle enclenche la vitesse faible et le vibrato se répercute contre son clitoris déjà gonflé. Helen respire fort et vite, lentement elle augmente la vitesse et le massage de son sexe devient plus fort. A vitesse médiane, elle pousse un sourd gémissement en sentant monter l’orgasme dans son ventre. Suffoquée par sa puissance, elle remet la vitesse au minimum, plaque son torse sur le capot et pleure sans bruit.

La maison a la beauté d’une clinique. Voilà deux mois qu’Helen a acheté l’aspirateur. Gérard ignore toujours son acquisition et Helen vit chaque jour dans la frénésie, chaque soir dans l’apathie, calquant sa vie sur celle du Tornado. Elle a maigri et elle dort mal. Elle ne supporte plus Gérard mais ne dit rien et fait toujours comme si. Quelquefois, quand il est endormi et qu’elle ne trouve pas le sommeil, elle se lève doucement et va ouvrir sans bruit la porte du placard. La vue de l’aspirateur l’apaise instantanément. Elle touche légèrement l’embout, passant ses doigts sur le contour tandis que de l’autre main, elle suit la trace rouge du suçon parfaitement circulaire sous son sein. Halos violacés, bleuis ou jaunis en guirlande dans la chair lourde. Elle frissonne puis retourne se coucher et s’endort enfin.

Cela fait maintenant 6 mois qu’Helen nettoie sa maison chaque jour. Elle a beaucoup maigri et des cernes grisent son visage autrefois serein et lisse. La blouse et la culotte du premier jour sont maintenant cachées dans une boîte avec une clef. Elle ne les a jamais lavées et les enfile chaque jour avec un spasme de délice sous l’assaut de la puanteur. Gérard ne lui a pas encore fait une seule remarque. Elle s’en fiche. Gérard qui salit sa maison, qui déplace ses meubles, qui pollue. Elle le hait. Mais ça va changer, ils sont d’accord, ils ont encore un combat à mener tous les deux.

Dans le repas du soir, elle a mis un puissant somnifère. Gérard, les yeux vides, ailleurs comme d'habitude, a tout avalé. Il ne s’en réveillera pas. Elle le sait. Toute la nuit, elle guette. C’est l’instant. Elle se lève, va chercher sa cassette, enfile sa tenue de combat sur son corps meurtri. Il attend qu’elle lui ouvre, lui aussi est prêt. Elle le fait glisser jusqu’au lit, sélectionne la fonction auto-clean vacuum, pose son pied sur l’interrupteur et appuie fermement. Le vrombissement est puissant et elle sait que des sons inaudibles pour elle hurlent. Le manche dans ses mains pressé a doublé de volume, il palpite, gorgé de volonté. Gérard ne peut pas se réveiller. Elle s’approche de son mari, détaille sans ciller son corps inerte, place l’embout sur le sexe recroquevillé de l’homme englué dans le sommeil.

Le médecin a conclu à l’arrêt cardiaque. S’il s’est interrogé sur le sexe racorni du mort, il n’en a rien laissé paraître. Funérailles, deuil. Helen rentre de l’enterrement. Elle porte une robe noire simple et moulante. Elle a refusé qu’on l’accompagne. Elle a dit qu’elle voulait être seule.
Seule, enfin ! Sans se déchausser, Helen ouvre le placard, traîne l’aspirateur dans la chambre, le met en marche du bout de son escarpin noir et aspire méticuleusement le lit à la place de Gérard. Quand elle se juge satisfaite, elle baisse la vitesse au minimum, soulève l’aspirateur et le mets dans le lit. Elle se couche à côté, tout habillée, l’enlace et s’endort heureuse, infiniment heureuse.



30/01/2009
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